Dimitri NGOY, footballeur au grand coeur

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1. Bonjour Dimitri, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

Je suis Dimitri NGOY, footballeur congolais de 19 ans et j’habite en Belgique.
J’évolue actuellement au Royal Excel Mouscron Club de D1 Belge.

2. Comment est-ce que votre carrière dans le foot a commencé ?

J’ai commencé le foot tout simplement en voulant faire comme mon grand frère qui lui jouait déjà au sein de l’un des meilleurs clubs belges : le standard de liège.

Mon frère était un modèle pour moi. Je voulais tout faire comme lui. Voyager, jouer contre les meilleurs, côtoyer de grands joueurs.

Les étoiles plein les yeux, je me suis laissé séduire par cette balle ronde que je tâtais au quotidien.

Constatant que je développais un amour pour le foot, mes parents m’ont inscrit dans un club afin que je puisse me perfectionner et depuis, je n’ai rien lâché. Je m’entraîne sans relâche et donne le meilleur de moi à chaque occasion que j’ai de toucher la balle.

Aujourd’hui, mon frère est entrepreneur et travaille dans divers domaines avec des personnes de renom telles que Phil Babb ou Mike Coleman. Avant d’en arriver là, il a essuyé de nombreux échecs, puis s’est relevé pour être cet homme que nous connaissons tous. Il me conseille au quotidien et reste ma source d’inspiration.

C’est vraiment grâce à lui que le foot est une passion, un amour profond pour ce sport qui coule dans mes veines.

3. Quels sont vos objectifs en embrassant cette carrière ?

J’ai deux objectifs que je souhaite concrétiser via cette carrière.

La première est de jouer en tant que professionnel en travaillant assez pour aller le plus loin possible. J’aime particulièrement les championnats anglais et allemands qui ne cesse de me surprendre et qui me permettent d’en apprendre davantage sur le football et les aspects que je dois développer pour être l’un des meilleurs. D’ailleurs, pour tout footballeur, jouer la ligue des champions ou une autre compétition majeure est un rêve, qui est aussi le mien. Par conséquent, oui, j’aimerais bien jouer la ligue des champions ou une coupe du monde. A savoir que, que ce soit en Belgique ou ailleurs, je jouerais toujours de la même manière.

C’est-à-dire avec le cœur !

Le second relève d’un aspect plus entrepreneurial. Il faut savoir que je ne joue pas au football pour la vie qu’elle offre principalement. Je vous le disais plus haut, j’ai vu mon frère chuter et se battre pour se relever. À travers ses expériences, j’ai compris que les belles voitures, l’argent et tous autres bien matériels ne sont que des bonus que ce statut nous permet d’avoir. Oui on vit aisément mais il ne faut pas oublier de penser à l’avenir, à préparer ce dernier et pourquoi pas, aider les autres à construire leur avenir.

4. Est-ce que vous avez l’âme d’un entrepreneur ? Si oui, quels sont les projets que vous souhaiteriez concrétiser à court, moyen et/ou long terme ?

Je pense que nous avons tous une âme entrepreneuriale mais chacun a son niveau.

Si je prends mon exemple, le simple fait de dessiner ma carrière de foot, de la visualiser et de travailler pour atteindre mes objectifs, fait de moi un entrepreneur.

Mais au-delà, je souhaite donner vie et m’investir dans une action sociale pour apporter mon soutien aux personnes dans le besoin. La misère ne cessera jamais, surtout pas par ma seule action et j’en suis conscient. Mais si je peux contribuer à redonner le sourire, alors je le fais avec plaisir. C’est pourquoi ce projet me tient à cœur. D’autant plus qu’il sera en faveur des veuves et plus particulièrement des orphelins.

Nous savons bien que dans nos coutumes africaines, c’est le mari, le père qui est sans conteste le pilier de la maison. Alors, pour ses femmes veuves et sans soutien, pour ces enfants orphelins et livrés à eux-mêmes, j’ai envie de faire quelque chose. J’ai envie qu’ils restent debout, puissent continuer à aller de l’avant et pourquoi pas, entrevoir un avenir meilleur car on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.

5. Est-ce que certains de ces projets sont à destination de l’Afrique ? Si oui, lesquels ?

Ce projet dont je parle est justement à destination de l’Afrique.

Au départ, je commencerai par le développer au Congo. Puis, selon le développement de l’activité, je l’étendrai dans d’autres pays Africains. Je pense que ce combat n’est pas l’affaire d’une seule personne mais de tous. Alors, si nous en avons les moyens, nous devons aider les autres (les Africains) et pas seulement les nôtres (les Congolais).

Ceci dit, les collaborations seront les bienvenues. C’est ensemble que nous grandissons et que nous bâtissons notre avenir.

6. Quelles seraient les plus-values de vos services sur le continent africain ?

La plus-value ? Elle est simple : apposer un sourire sur les visages et de la joie là où la guerre a laissé de fortes séquelles. Là où, on vit au jour le jour en rêvant d’un avenir meilleur. Là où les ambitions sont éteintes par le manque soutien, de suivi, d’infrastructures. Là où, la vie se vit comme un éternel recommencement sans jamais avancer.

N’oublions pas que la République Démocratique du Congo est un pays qui vit actuellement le génocide le plus meurtrier de l’histoire. De ce génocide, découle des milliers de victimes qui n’ont qu’un seul besoin ; qu’on leur vienne en aide.

Aujourd’hui au Congo, on compte plus de 10 millions de morts, des femmes de militaires violées et de vies détruites. Comment ne pas s’impliquer pour soutenir ces personnes …

Ma priorité n’est pas de mettre sur pied une activité économique et à défaut de créer des entreprises, je me dirige plus vers le soutien aux hôpitaux et orphelinats afin d’améliorer la vie de ceux qui n’ont pas de quoi subvenir à leurs besoins quotidiens.

Je pense notamment à Bakambu qui a son orphelinat, Dieumerci Ndongala et tant d’autres. C’est dans cette continuité que j’aimerais m’inscrire.

Mon pays a besoin de tous ses enfants, certains sont chefs d’entreprise, entrepreneurs ou artistes. Moi je suis sportif et je pense que nous aussi nous pouvons tous apporter notre pierre à l’édifice.

7. Avez-vous des conseils à apporter à la jeunesse africaine restée sur le continent ? Notamment des conseils en termes d’entrepreneuriat ?  

Si je pouvais donner un conseil, je dirais plutôt aux jeunes Africains qui prennent des risques pour rejoindre l’Europe en espérant une vie meilleure.

Je leur dirais que certes, l’Occident nous offre des opportunités, mais on se bat tous au quotidien pour s’en sortir. Il ne faut pas rêver de ce qu’on voit à la télé ou alors se nourrir de ces belles paroles que certains racontent quand ils reviennent sur le continent.

Je leur dirais qu’il ne faut pas oublier que pour que l’Occident soit ce qu’il est aujourd’hui, il a fallu de longues années de labeur et de sacrifices.

Aujourd’hui, c’est à nous de travailler pour construire l’Afrique. Il faut croire en l’Afrique et contribuer à son essor. Je ne dis pas que c’est une chose facile, mais chacun à son niveau doit jouer un rôle pour l’expansion de notre continent.

L’Europe n’est pas forcément l’eldorado que les médias font croire loin de là. Il faut y vivre pour en connaître les vraies réalités.

Tout ce qu’ils recherchent ou souhaitent avoir, l’Afrique peut leur offrir cela à condition de se battre pour.

8. Un mot face à la crise sanitaire que le monde vit actuellement ?  

Dans ce temps de crise et d’instabilité je tiens à témoigner mon soutien à toutes les personnes atteintes du Covid-19.

Et par la même occasion, demander à chaque personne de respecter méticuleusement les mesures de prévention afin d’éviter la propagation de ce virus.

À mes frères et sœurs sur le continent , soyons davantage assidus et respectueux vis-à-vis des mesures à respecter car le virus n’est pas encore fortement propagé. Faisons en sorte de l’éradiquer maintenant par notre discipline et notre capacité à respecter les mesures d’hygiène et de confinement.

 

Merci Dimitri NGOY pour ce partage.

A bientôt

Danielle CORSI
Assistante Juridique

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